Archive pour la catégorie 'Economie'

Le mythe du nucléaire pas cher s’effondre

Il y a 50 ans que les différents gouvernements français ont engagé notre pays dans la production d’énergie nucléaire. Or jamais ses coûts n’ont été réévalués. Le dernier rapport de la Cour des comptes dévoilé hier n’y parvient  pas complètement, sur le démantèlement, les déchets ou les risques majeurs. Mais, avec ce rapport, un nouveau mythe s’effondre, celui de l’énergie nucléaire en tant qu’énergie bon marché par rapport aux autres énergies comme les renouvelables.

Ci-dessous, le communiqué de presse d’Eva Joly suite à la sortie du rapport de la Cour des Comptes:

Nucléaire : les Français à l’heure du choix

Alors que le rapport de la Cour des Comptes sur le coût du nucléaire a déjà fait couler beaucoup d’encre, les écologistes réunis autour d’Eva Joly, ont tenu à rappeler l’importance de l’élection présidentielle pour l’avenir énergétique de la France.

“La France arrive à un carrefour énergétique. Ou elle persévère dans le risque nucléaire et y réinjecte des centaines de milliards d’euros, ou elle privilégie l’investissement dans les énergies renouvelables et lutte contre le gaspillage énergétique. Entre le nucléaire et la transition énergétique, il faut choisir. Et l’élection présidentielle, c’est l’heure du choix.

Le mythe de l’indépendance énergétique a été dementi depuis fort longtemps par notre dépendance à la ressource en uranium, le mythe du nucléaire sûr a disparu après la catastrophe de Fukushima, le rapport de la Cour des Comptes montre aujourd’hui que c’est le mythe du nucléaire à bas coût qui s’effondre aujourd’hui.

Avec le rapport de la cour des comptes, nous commençons seulement à découvrir le coût réel de l’énergie nucléaire en France. Le nucléaire pas cher n’a jamais existé, n’existe pas et n’existera jamais. Pour protéger les Français de l’augmentation du prix du nucléaire, du pétrole ou du gaz, je veux engager la transition énergétique. Sortie du nucléaire programmée en 20 ans,  rénovation thermique des logements, développement des énergies renouvelables, nouvelle tarification de l’électricité et du gaz…telles sont les axes d’un futur énergétique sobre et efficace.”

Rencontre avec Animafac

Le 28 janvier 2012, Animafac avait organisé une rencontre entre une trentaine de jeunes et des personnes défendant des propositions économiques et appartenant aux différentes familles politiques: Thomas Coutrot, coprésident d’Attac, Augustin Landier, professeur d’économie à Toulouse et partisan de solutions libérales, Aziz Senni, qui travaille avec Hervé Morin, et moi-même pour les écologistes.

Chacun des intervenants devait présenter trois mesures prioritaires à réaliser ou engager d’ici 2017. L’approche prospective avait pour fonction de nous aider à nous projeter au-delà des mesures d’urgence sur la crise financière et économique. Augustin Landier a mis l’accent sur l’adoption d’une taxe “one shot” sur le patrimoine immobilier de tous les ménages. Celle-ci permettrait d’apurer une partie de la dette et de relancer l’économie.

Thomas Coutrot a évoqué la conversion écologique de l’économie, Aziz Senni a mis l’accent sur les déductions fiscales pour les participations à des entreprises installées dans des quartiers de politique de la ville. J’ai quant à moi défendu la conversion écologique de l’économie, une stratégie d’investissement européenne sur les infrastructures et la conversion écologique, et un audit de la dette pour définir de manière plus fine les modalités de son remboursement.

La discussion très animée avec les jeunes présents a montré un tiraillement entre le fait d’assumer d’être “utopistes” ( c’est à dire de changer de modèle économique) et le sentiment qu’il fallait être réaliste ( c’est à dire de ne pas avancer de propositions de changement radical) à cause de la crise.

Thomas Coutrot a rappelé la faillite du modèle actuel et appelé à inverser certaines attitudes psychologiques. Être réaliste, n’est-ce pas justement changer de modèle? C’est ce que je pense en y ajoutant un élément essentiel: changer de modèle est aussi central pour assurer l’équité entre générations.

L’association Negawatt a publié le 29 septembre son scénario 2011.

En évoquant les principes d’une démarche définie en 2001 (sobriété, efficacité, recours aux énergies renouvelables, travail d’une quinzaine d’experts et de praticiens de l’énergie), Negawatt rappelle l’urgence de la transition énergétique et propose un scénario pour la période 2012-2050.

A l’horizon 2050, la société française atteint un objectif de 90% d’énergies renouvelables. La sortie du nucléaire s’effectue en 22 ans en fermant progressivement les centrales en fonction de critères pondérant sécurité et ancienneté du parc. Lire la suite ‘L’association Negawatt a publié le 29 septembre son scénario 2011.’

7 questions pour les cantonales par Environnement 92

L’association Environnement 92 avait envoyé un questionnaire aux différents candidats du département. Indépendante des partis politiques, Environnement 92 fédère des associations agissant pour la protection de l’environnement et pour la qualité de la vie dans notre département.

Ils participent aux commissions consultatives de sécurité relatives au fonctionnement de nombreux équipements publics importants tels que l’aéroport de Villacoublay, le centre nucléaire de Fontenay-aux-Roses, les usines d’incinération de déchets, les grandes stations d’épuration, etc. Leur interlocuteur institutionnel décentralisé est le département. C’est donc à ce titre que nous nous adressons à vous.

Leur questionnaire concerne quelques grands sujets de notre département (ci-dessous). Vous trouverez ici la réponse commune proposée par les candidats Europe Ecologie Les Verts du département.
Il est a noté que malheureusement ni l’UMP, ni le NC, pourtant gestionnaire depuis 40 ans du département n’ont souhaité répondre à ce questionnaire. Lire la suite ’7 questions pour les cantonales par Environnement 92′

Ce soir, rendez-vous avec Pascal Canfin, député européen

Je vous invite à discuter avec Pascal Canfin
député Européen Europe Écologie-Les Verts

Jeudi 17 mars dès 20h15
à l’école élémentaire “La Fontaine“,13 et 17 rue de l’Abbé Derry

Économie, Emploi durable, des solutions locales et globales aujourd’hui?
Venez poser vos questions à Pascal et Lucile.

Lire la tribune de Pascal parue dans lemonde lundi

Samedi 5 mars à Issy-les-Moulineaux

5mars à Issy, Que seront nos villes demain?
Issy-Est, Lucile Schmid invite Alain Fleischer, Olivier Mongin, Emmanuelle Cosse et Vincent Gazeilles

Gestion Publique de l’eau, moins couteux plus solidaire, par Anne Le Strat

Anne Le StratAnne LE STRAT est Adjointe au Maire de Paris, Adjointe chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux.
Anne a mené pour la Mairie de Paris la re-municipalisation des eaux de Paris.
“L’eau, enjeu de Paris Métropole”, à lire ici

Pendant longtemps le débat sur le mode de gestion des services d’eau a été confisqué par les grandes entreprises de l’eau. Il est aujourd’hui possible de faire entendre une autre voix, celle de la gestion publique de l’eau avec des expériences de retour en régie couronnées de succès, que ce soit dans de grandes ou de petites villes.

Depuis le 1er janvier 2010, l’eau coule toujours au robinet des Parisiens mais dorénavant elle est gérée intégralement sous maîtrise publique. En lieu et place des trois délégataires opérant pendant vingt-cinq ans -  la Société d’Economie Mixte pour la production et les filiales de Veolia et Suez pour la distribution – le service de l’eau à Paris est assuré par un opérateur public unique, la régie Eau de Paris, qui rassemble la totalité des métiers et des fonctions opérationnelles, de la production à la facturation. La remunicipalisation de l’eau a été décidée sur la base d’un choix politique et idéologique fort – assumé comme tel : l’eau est un bien commun, d’où la nécessité absolue de maîtriser la ressource et son exploitation, sur la base d’une vision et d’un projet de long terme. Cette réforme importante qui a mis fin à un système opaque et mal contrôlé a été mise en œuvre en un temps record et avec succès. Si la régie n’a qu’un an à son actif, on peut toutefois d’ores et déjà observer les premiers avantages de la gestion publique. Lire la suite ‘Gestion Publique de l’eau, moins couteux plus solidaire, par Anne Le Strat’

Que cache le projet de Jean Sarkozy?

Le 28 janvier, Jean Sarkozy publiait une lettre ouverte publiée dans Le Monde aux conseillers généraux de la majorité des Hauts de Seine, présentée comme un projet pour les élections cantonales de mars prochain.

Outre la volonté de ne pas augmenter les impôts pendant 3 ans présentée comme un marqueur politique par rapport à la gauche, l’accent était mis sur 3 sujets : 1) la construction d’une politique de l’adolescence, 2) la prise en charge de la dépendance et du handicap (dont l’autisme) et enfin 3) une politique du logement ambitieuse. Un projet essentiellement social et à recettes constantes.

Cette lettre a le mérite de porter le débat politique sur le front des idées –une nouveauté en quarante ans de gestion par le RPR-UMP ?- alors même que les luttes de personne font rage au sein de la majorité (Sarkozy père et fils/Devedjian, JJ Guillet maire de Chaville et chef de l’UMP des Hauts de Seine/Devedjian …).

Mais les choix qu’elle porte suscitent plusieurs interrogations : Lire la suite ‘Que cache le projet de Jean Sarkozy?’

Réunion du comité de pilotage du projet d’EELV.

Samedi 8 janvier j’ai co-animé avec Denis Baupin et Anne Souyris une réunion  du comité de pilotage du projet d’Europe écologie-Les Verts.

Cette réunion a permis de donner la parole à des intellectuels et experts engagés auprès d’Europe écologie-Les Verts (Esther Benbassa, Dominique Méda, Patrick Viveret, Yves Sintomer) sur leurs attentes vis à vis du nouveau mouvement et sur la nature du projet qui pouvait être élaboré pour les échéances législatives et présidentielles de 2012.

Elle a aussi permis l’après midi de discuter avec les responsables des commissions thématiques et tous ceux qui coordonnent des sujets centraux pour ce projet de discuter sur des points de méthode, de contenu, de communication et d’incarnation des idées politiques.

J’en retiens quatre éléments : Lire la suite ‘Réunion du comité de pilotage du projet d’EELV.’

Inside Job

Soirée entre Noel et jour de l’an. J’accompagne Eva Joly pour voir le film « Inside job », documentaire américain d’investigation sur le processus de déclenchement de la crise financière aux Etats Unis. Christine Lagarde et Dominique Strauss Kahn y sont d’ailleurs conviés comme grands témoins.

Film très pédagogique où l’engrenage qui conduit les banques à miser sur les produits financiers toxiques sans jamais provisionner l’augmentation des risques est bien décrit. Mais au-delà je retiens surtout que l’entourage d’Obama ressemble étrangement sur ces sujets à celui de George Bush. Banquiers devenus responsables politiques, universitaires conseillers du prince et membres de nombreux directoires d’entreprises,  le milieu des affaires perdure dans son être et conserve un sentiment d’impunité quelle que soit l’ampleur des responsabilités évoquées. Devant la caméra du réalisateur certains se troublent un instant puise se reprennent pour débiter des contre-vérités flagrantes. Visiblement le sens du ridicule ne les arrête pas. Sans doute est ce qu’ils ont fait un pari. Celui que le système financier continuerait comme avant… et qu’on leur saurait gré de ne pas avoir parlé.

On sort du film indigné…et convaincu que de rudes combats politiques nous attendent.

Cantonales d’Issy – Contexte et orientation

En 2008, dans Parité Circus, je revenais sur l’orientation que j’avais voulu donner à ma campagne législative de 2007.

L’orientation de ma campagne était sans ambiguïté: à l’opposé du positionnement d’André Santini. Mon programme, c’était le non-cumul intégral des mandats si j’étais élue députée, en insistant sur le renouvellement générationnel et l’accès des femmes aux responsabilités, l’accent mis sur mes compétences en matière de réforme de l’Etat et de finances publiques, d’immigration et de diversité. Comme à chaque campagne, certaines bonnes âmes me conseillèrent de ne pas dire que j’étais énarque et de dissimuler au mieux que mon port d’attache était au ministère des Finances. Comme chaque fois, je décidais d’assumer cette identité professionnelle. Je ne me suis tout de même pas forcée à faire l’ENA, avec une bourse et en y consacrant de longues années moroses de ma jeunesse, pour en avoir honte ensuite!

Je souhaite revenir sur le sens de ma candidature aux cantonales à Issy face au candidat UMP sortant Paul Subrini.

Après la fusion d’Europe écologie et des Verts à Lyon ce week-end et la création d’un nouveau mouvement de l’écologie politique deux messages ressortent :

     

  • la volonté de créer un mouvement dont le projet et l’identité politique soient selon les mots de Daniel Cohn Bendit contre les inégalités sociales, « au delà de la gauche » et ancré dans l’antisarkozysme ;
  • l’obligation d’ouvrir le monde politique à la société, de le « déprofessionnaliser » et de le rendre plus exemplaire (non cumul…).

Dans ce contexte, quel est l’enjeu de ces élections cantonales pour les candidats de notre mouvement? Que signifie pour moi être candidate Europe écologie-les verts sur le canton d’Issy Est ?

Ne nous trompons pas d’abord d’échelle. Il s’agit bien d’élire les conseillers généraux au niveau du département des Hauts de Seine, et non de faire un galop d’essai municipal. Il s’agit aussi de la dernière élection cantonale avant la réforme territoriale qui fusionnera les mandats de conseiller régional et de conseiller général. L’échelle territoriale à venir est celle d’un territoire où les décisions auront une portée nationale, voire européenne, surtout en Ile de France, surtout dans le département des Hauts de Seine dont le PIB est égal à celui de la Belgique.

Pour l’identité politique, nous devons donner chair à un positionnement qui ne doit surtout pas être le « ni, ni ». C’est en le déclinant en projet alternatif au projet départemental de l’actuelle majorité des Hauts de Seine que nous pourrons convaincre. Comme Eva Joly a pu le faire sur le budget et la fiscalité au niveau national, prenons le risque de proposer d’autres politiques pour notre département. Qu’il s’agisse du contenu (lutte contre les inégalités sociales et territoriales, transports, aménagement du territoire, équipement scolaire et logement…) ou de la méthode (démocratie, économie, débat politique…) nous pouvons faire autrement, et mieux. Nous devons faire une proposition ambitieuse et qui porte sur l’ensemble des sujets d’intervention du département. L’écologie politique est une pensée de la société, elle est une pensée de gouvernement, elle doit être visionnaire et gestionnaire;

L’ouverture du monde politique à d’autres profils que les profils traditionnels de ceux entrés en politique jeunes et qui par le jeu du cumul des mandats y restent leur vie durant, est souhaitée par de nombreux citoyens… Cette « déprofessionnalisation » est aussi la meilleure manière de faire changer le système. Lors de ma première campagne aux législatives à Issy en 2002 j’avais été « reprise » par un électeur après avoir parlé du « métier » de député. C’est vrai, aucun mandat n’est un métier. Mais beaucoup en font leur métier. Alors assumons d’avoir une profession (j’ai personnellement toujours choisi de concilier activité professionnelle et engagement) une famille et des amis, et de penser pouvoir être un élu sérieux et compétent. Ce serait déjà un programme révolutionnaire. Car aujourd’hui être élu c’est trop souvent d’abord faire de la présence, obéir aux pratiques d’appareil et attendre son tour. Il ne s’agit d’ailleurs pas pour moi de faire de la morale mais d’affirmer clairement que trois questions préalables se posent pour un élu: au service de quel projet, pour quoi faire et avec quelles méthodes démocratiques ?

C’est dans l’une des lignes force de l’identité d’Europe écologie-les verts que se trouve la réponse: passer d’une culture de la soumission à une culture de l’émancipation.

Le chaînon manquant de la gauche

Retrouvez ma tribune du 25 juin 2010 parue dans le quotidien libération.

Comment imaginer un projet de gauche en période de crise profonde et de déficits publics, alors que les défis écologiques impliquent de modifier nos manières de produire et de penser le progrès ? C’est aujourd’hui le dilemme de la gauche de gouvernement. La question s’était déjà posée, sans être résolue, en 1983, au tournant de la rigueur. La recherche d’un nouveau modèle économique la rend plus aiguë et crée une nouvelle fois un écart entre vision et raison. C’est ce que reflète le projet politique mis sur la table par Pierre Moscovici au nom du Parti socialiste. S’il reconnaît la nécessité de passer à une autre vision, en intégrant l’écologie… il n’en décrit pas la réalisation. L’avenir apparaît si sombre qu’on n’ose le peindre en rose. Le projet national va-t-il se réduire à la conservation du triple A ?

Lire la suite sur le site de libération

Lire la suite ‘Le chaînon manquant de la gauche’

Europe écologie : le retour en force des idées et d’une vision en politique

article publié sur europe-ecologie.fr

J’ai décidé de rejoindre Europe écologie, en choisissant de démissionner de mes responsabilités au Laboratoire des idées du parti socialiste, après 10 ans passés dans ce parti. Pour deux raisons : le sentiment que la place des idées et les processus démocratiques de décision ne pouvaient changer au PS sans pression extérieure et concurrence à gauche, la conviction qu’Europe écologie donnait d’emblée au projet et au lien avec la société une importance qui n’existe pas dans les structures politiques traditionnelles.

Je souhaite exprimer ici quelques convictions par rapport à ce projet et aux échéances politiques françaises, et en priorité celles de 2012.

Pour moi, le projet d’Europe écologie c’est le retour en force des idées et d’une vision en politique. C’est une question centrale pour la vitalité de notre démocratie que la droite et la gauche de gouvernement ont systématiquement négligée, ou instrumentalisée depuis des années.

La destruction du lien entre politique et pensée du monde est au cœur du sarkozysme. La mise en scène d’une relation avec des intellectuels n’est qu’un moyen parmi d’autres d’occuper l’espace nu du pouvoir. De leur côté, entre passages au pouvoir et opposition, les socialistes n’ont pas réussi à construire un projet et une attitude cohérente. Quant à leur vision du monde, elle reste défensive, embarrassée par la difficulté à concevoir concrètement un modèle de transformation économique et sociale dans la mondialisation. Du coup, l’immédiateté et l’agitation tiennent lieu de temps politique pour l’ensemble des acteurs concernés (opposition, médias). La soi disant ouverture, qui se réduit à une séduction des hommes par l’ambition personnelle, a brouillé les repères ; les mots politiques n’ont plus de sens, annoncent ou cachent des politiques réactionnaires à droite, sont des slogans sans portée concrète à gauche. Le premier acte d’autonomie politique pour Europe écologie c’est de refuser ce raccourcissement du temps et cette vision strictement « occupationnelle » du pouvoir. C’est aussi de refuser une alternance reposant sur la personnalisation et un leadership sans véritable contenu programmatique.

Pour cela Europe écologie doit s’atteler en priorité à définir, faire comprendre et mettre en actes dès aujourd’hui, partout où cela est possible (régions, Parlement européen, groupes de pression associatifs…) son programme de transformation écologique de l’économie et de la société.

Ce qui l’emporte aujourd’hui dans la société française c’est une pensée segmentée, partielle de l’écologie. L’imaginaire politique fonctionne encore en donnant aux socialistes un droit de propriété intellectuelle sur le social -les inégalités, la question de l’emploi, la santé, les retraites-, certains sujets économiques – la reconversion industrielle, les finances publiques- et la gestion des territoires – les transports, une partie de l’éducation, la formation professionnelle et le développement économique. Cette idée reçue doit disparaître. Pour Europe écologie l’enjeu est double : 1) faire entendre que l’écologie est un projet global, 2) imaginer et organiser le passage à l’acte d’un changement de modèle.

Le mouvement des idées en France a traditionnellement plutôt mis l’accent sur les ruptures historiques que sur les transitions. Celles-ci ne sont souvent apparues et n’ont été interprétées qu’a posteriori. Il s’agit ici, au contraire, de les penser a priori dans l’ensemble de leurs composantes (savoirs, production, contenu de la croissance, urbanisme, relations entre le Nord et le Sud, rôle des acteurs publics/privés) et de commencer à les organiser en liant le temps long de la transformation avec celui de son passage à l’acte, celui de l’action politiqe.

Europe écologie doit être une utopie concrète, une utopie en actes, où l’exercice des responsabilités politiques se conjugue avec l’exemplarité des comportements et la curiosité du monde.

Lucile Schmid

Philanthropie d’entreprise

On parle beaucoup depuis quelques mois de mécénat, de philanthropie d’entreprise, questions qui constituent mon quotidien professionnel.

Cela dans un contexte particulier : d’abord celui d’un désengagement de l’Etat qui tient aux options de la droite au pouvoir et à la crise des finances publiques qui l’accompagne (c’est un peu l’oeuf et la poule) ensuite les réflexions autour de l’économie et notamment de la nécessité de la sortir du court termisme alimentées par la crise. En 2003 la loi Aillagon sur le mécénat d’entreprise a d’ailleurs instauré un régime fiscal très favorable pour ces activités (notamment 60% de déduction fiscale sur les impôts payés en France).

Un contexte a priori très favorable donc  à une évolution de l’engagement des entreprises en France vers des questions relevant de la cité : le social, la culture, le développement durable. Avec toutefois des interrogations (comme dans toute période de transition) qu’il faut affronter à mesure que ce mouvement se développe: Lire la suite ‘Philanthropie d’entreprise’

La Russie est-elle proche de nous ?

Cette semaine j’étais sur le pont professionnellement avec le lancement des Années croisées France/Russie 2010¹.

Le président russe Dimitri Medvedev était à Paris pendant 48 heures. Je retiens trois choses de sa visite : les interrogations sur la nature du pouvoir russe (ce président a-t-il du pouvoir par rapport à Vladimir Poutine son mentor, peut il donner au régime russe un tour plus libéral), les grands contrats économiques (on espère vendre des bateaux, on achète du gaz), et enfin la nature même de cette relation de la France avec la Russie, et au-delà de l’Europe avec la Russie. Sommes-nous proches, différents, irrémédiablement différents ? Cette Russie géographiquement si proche de l’Europe mais qui reste un mystère. En trois jours je n’ai jamais autant entendu de lieux communs sur l’âme slave, l’émotion, la force, la violence…

La Russie pousse à l’extrême des tensions et des contradictions qui existent toujours entre la realpolitique et les principes des droits de l’homme. Développer l’économie russe, les infrastructures, le système de santé, aura-t-il des effets sur la libéralisation politique? En d’autres temps, cette question avait été beaucoup posée à propos de la Chine. Aujourd’hui dans un pays où la crise économique a été particulièrement brutale l’urgence est pour des millions de Russes de conserver leur emploi, de donner un avenir à leurs enfants, de… tenir. Et la tentation existe pour ceux qui connaissent la Russie, y travaillent, y ont des attaches, de balayer d’un revers de main les interrogations sur les droits de l’homme, la démocratie etc.

Je pense que c’est une erreur. En effet comment imaginer avoir des relations dépourvues d’arrières pensées avec  un pays si important, en mettant entre parenthèses la question du pouvoir ? Il ne s’agit pas de faire la leçon. Tout simplement d’évoquer l’ensemble des questions qui fondent un Etat. La dimension politique on le sait y participe au premier chef.

L’ouverture des Années croisées c’est aussi celle de l’exposition Sainte Russie au Louvre sur 10 siècles d’art religieux russe. C’est une plongée dans un monde artistique qui là encore nous est largement inconnu mais dont la beauté, les attaches byzantines, les représentations iconographiques sont une découverte rare. Et on y voit –comme pour les œuvres de la même époque en France et dans le reste de l’Europe- combien la religion est liée à l’art de la guerre et plus largement du pouvoir. Un vrai point commun.

¹ http://www.culturesfrance.com/russie

Ouverture de Copenhague : les dirigeants du monde sont-ils prêts à penser autrement l’économie ?

L’ouverture de la conférence de Copenhague c’est aujourd’hui. Les engagements chiffrés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre que pourront prendre les régions de la planète (Europe, Etats Unis, pays émergents comme la Chine et l’Inde) ont été passés à la loupe depuis plusieurs semaines. Ces quelques jours marqueront-ils le début d’un processus de passage à l’acte ? C’est l’enjeu de la semaine.

Le paradoxe est que les engagements chiffrés sont à la fois présentés comme très difficiles à atteindre mais déjà insuffisants pour changer le cours du réchauffement climatique. Comment dans ces conditions conserver à Copenhague l’espoir que nous ayons encore des chances d’éviter un réchauffement qui entraînerait séismes et conflits de territoires?

Cet espoir de Copenhague, ténu mais essentiel pour entrer dans le vif du réel dépend de ce que les principaux dirigeants politiques du monde entier soient prêts à sortir d’une vision productiviste de l’économie, sans pour autant tirer un trait sur l’idée de progrès. Un progrès qui repose sur le respect d’une planète dont nous devons respecter la « finitude ». Un progrès fondé sur le respect de l’humanité et la prise en compte des générations qui vont suivre la nôtre. A Copenhague les chefs d’Etat devront montrer qu’ils sont capables de sortir de la dictature du court terme qui structure la vie politique aussi bien que l’économie.

Retrouvez des informations sur le sommet mondial de Copenhague dans longlet dédié ->

La social-démocratie peut-elle être la solution pour construire une “bonne” société?

C’est la question qui m’a été posée, en tant que responsable du laboratoire des idées du PS, par le magazine européen et anglophone the Social Europe Journal dans le cadre du débat écrit en ligne: Good Society Debate: Débat pour une bonne société. Des hommes et femmes, politiques ou universitaires européens, y ont participé. Vous trouverez ci dessous le texte que j’ai proposé.

Desperately looking for social-democracy.

What is left of social-democracy?

Regrets at first, and a feeling of revolt. Regrets for we failed to reconcile values, a political vision and sound practices of power. Doubts appeared a decade ago. Today, it is no more a question of doubts or even of crisis; something broke, like at the end of a story; at the end of hope.

It then remains a feeling of vacuity, and again of revolt. Read full text

Recherche social démocratie désespérément

Que reste-t-il aujourd’hui de la social démocratie ?

Des regrets et une révolte d’abord. Le regret de n’avoir pas su concilier des valeurs, une vision et des pratiques de gestion du pouvoir. Il y a une décennie que le doute s’est instauré. Mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement des doutes, ou même une crise, c’est une brisure, la fin d’un espoir et d’une histoire. Et pour beaucoup de citoyens un reniement qui s’est peu à peu installé au nom d’une pensée unique partagée à droite et à gauche sur l’économie et l’acceptation des inégalités.

Un vide ensuite et une révolte de nouveau. Lire l’article

Good Society Debate: Débat pour une bonne société – Texte français

Recherche social démocratie désespérément

Que reste-t-il aujourd’hui de la social démocratie ?

Des regrets et une révolte d’abord. Le regret de n’avoir pas su concilier des valeurs, une vision et des pratiques de gestion du pouvoir. Il y a une décennie que le doute s’est instauré. Mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement des doutes, ou même une crise, c’est une brisure, la fin d’un espoir et d’une histoire. Et pour beaucoup de citoyens un reniement qui s’est peu à peu installé au nom d’une pensée unique partagée à droite et à gauche sur l’économie et l’acceptation des inégalités. Lire la suite ‘Good Society Debate: Débat pour une bonne société – Texte français’

Good Society Debate: Débat pour une bonne société – English text

Desperately seeking social-democracy.

Social democracy needs to redefine itself, and in particular it needs to separate itself from right-wing ideas.

What is left of social democracy?

Regrets, and a feeling of revolt. Regrets because we have failed to reconcile values, a political vision and effective practices of power. Doubts appeared a decade ago, but today it is no longer a question of doubts, or even of crisis; something has broken, it is like the end of a story, the end of hope. Lire la suite ‘Good Society Debate: Débat pour une bonne société – English text’

Après le rapport Stiglitz, comment mesurer la richesse ?

Voici 4 courtes vidéos de la sociologue Dominique Méda, en réaction à la publication du rapport sur les nouveaux indicateurs de richesse, dit rapport “Stiglitz”, du nom de son principal coordonnateur. Ces témoignages ont été récoltés pour le magazine d’analyse laviedesidees.fr. Lire la suite ‘Après le rapport Stiglitz, comment mesurer la richesse ?’

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